Article de l’Eclaireur du 29 août 2025 sur la Tombe à la Fille en forêt de Teillay.
Pour compléter cet article PEPITES44 fait appel à un petit livret de 1995 signé JM Martin homonyme de Marie Martin, la suppliciée et de Paul-François Martin, ancien notaire de Bain-de-Bretagne qui dans une lettre au Commissaire Général du Directoire exécutif près de l’administration centrale du département d’Ille et Vilaine, en date de septembre 1797, décrit le supplice de la jeune fille :
« Une jeune fille de tresboeuf (elle avait 19 ans) fut saisie par les chouans, ils satisfirent leur brutalité. Ensuite, successivement, ils lui arrachèrent les ongles des pieds et des mains, les dents, les yeux et lui coupèrent les mamelles, ils mirent trois jours à tourmenter cette malheureuse victime de leur rage et de leur barbarie. Enfin, voyant qu’ils n’allaient bientôt plus exercer leur cruauté que sur un cadavre, ils la pendirent à un arbre de la forêt de Teillay, ne lui laissant pour tout vêtement que sa chemise. Elle a été détachée de cet arbre et enterrée au pied. »

Ce notaire avait dénoncé violemment en 1791 les « menées » des prêtres réfractaires, et avait acheté des biens nationaux.
La victime Marie Martin habitait chez Jean Martin (qui n’était pas son oncle), marchand au bourg de Tresboeuf et qui avait besoin d’aide, n’ayant pas d’enfants pour le seconder. Il était recherché par les chouans car il avait acquis des biens nationaux.
Au début de l’an IV (à la fin de 1795), les chouans se présentèrent chez le marchand afin de lui faire payer son attachement à la République et ses acquisitions. Marie étant seule, elle ne voulut pas révéler où se trouvaient ses maîtres, alors ils l’emmenèrent à la place. C’est ainsi qu’elle joua un rôle de substitution, elle fût enlevée du domicile du marchand, là où les chouans avaient rendez-vous.

Le récit d’André David, dans « La Révolution de 1789 à Rougé » reprend une autre thèse :
Quelques mois plus tard se situe un épisode bien particulier : une fille répondant au nom de Marie Martin et demeurant entre Rougé et Teillay alla un jour révéler aux gardes nationaux de Bain de Bretagne le lieu où se cachait en forêt de Teillay un groupe de Royalistes. Quelques jours après cette dénonciation, ceux-ci furent surpris par les Bleus qui les tuèrent presque tous. La nouvelle de cette trahison se répandit vite et les chouans décidèrent de punir celle qui avait été la cause de la mort de leurs parents et amis.A son tour elle fut surprise par les Royalistes, fusillée et enterrée en ce lieu que l’on nomme « Tombe à la fille », près d’un grand chêne en bordure d’une avenue qui rejoint la route de Rougé à Teillay. Cette tombe est cependant vénérée, certains voisins viennent encore y implorer la « Saint Pataude » qui y est enterrées, de guérir leurs enfants qui ne peuvent marcher.

l’Abbé Goudé dans « Histoire et légende du pays de Châteaubriant » de 1879 déclare dans la lignée de l’Eglise de l’époque : « La sainteté de la fille est assez douteuse et pourtant la foi de certains paysans du quartier est asse robuste pour y aller prier » en reprenant le récit d’une dénonciation des Royalistes par la jeune fille aux gardes nationaux de Bain.
Sur la tombe à la fille, voir également :
https://www.teillay.fr/histoire
https://www.rennes-infos-autrement.fr/decouverte-du-35-la-sainte-pataude/https://www.bretagne-tours.com/232-croyance-populaire-tombe-a-la-fille/
