SCoT DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES CHATEAUBRIANT – DERVAL
I. Rapport de présentation 1/ Diagnostic territorial
Le patrimoine non protégé au titre des monuments historiques
(Extrait du Porter à connaissance des services de l’Etat, éléments communiqués par les services de la DRAC)
• L’architecture domestique
L’exploitation des carrières de schiste fut importante jusqu’à la Première Guerre mondiale. On rencontrait des sites d’extraction à travers tout le pays. Cette production était soit utilisée sur place, soit exportée par la Vilaine en direction de Rennes et de Redon ou par l’Erdre vers le pays nantais.
Le schiste du pays de la Mée est le matériau le plus utilisé dans le territoire de Châteaubriant tant dans l’architecture populaire que dans l’architecture savante. Dans certaines communes, on trouve un appareil mixte de schiste et de grès armoricain, particulièrement dans le canton de Derval.
Dans les maisons antérieures au XVllle siècle, les encadrements de baies sont souvent réalisés en pierre de taille. A l’intérieur des habitations, le schiste était utilisé pour la construction des cheminées, des escaliers à vis, des éviers. Le schiste était aussi employé pour la fabrication des cadrans solaires, dont il reste de nombreux exemples du XVlle et XVllle siècle.
De très nombreux manoirs, logis et châteaux sont présents sur le territoire :

Châteaubriant : les manoirs « Le Boisbriant » (XVe, XVle), « La Muloche » (XVle, XVlle), « Les Fougerays » (1850), « La Galissonnière » (1854), « La Ferrière », de l’architecte Emile Heurtin, 1860.Voir la publication du service régional de l’Inventaire (D.R.A.C. des Pays de la Loire, « Châteaubriant, Loire-Atlantique », collection Images du Patrimoine, Editions du Patrimoine)
Ruffigné : manoir « La Blandinais » (XVIlle), « La Daviais » (XlXe).
Soudan : manoir du « Moulin Roui » (XVle, 1900).
Derval : manoir du « Boschet », route de Redon, (XVe, XVIle), manoir « Guinet » (XVe, XVle), « Camardin », (XlVe), « de Richebourg », « La Porte » (XlVe), le logis de Croquemois (XVle), manoirs de « La Haye » (XVIe, XVllle) « de Bellevue » (1770), « Bon Accueil » (XVIe, XVlle), château de la Garrelaye (XlVe; XVle).
Jans : manoir de « la Musse » (XVe), logis de « Romefort » (XVle), situé près de l’église.
Lusanger : manoir de « la Gallotière » (XVe, XVIlle; XlXe).
Mouais : manoir de « la Cour » (XVle, XVIlle).
Sion-Les-Mines : manoirs de « Villauger » (XlVe), de « la Vallière » (XVle), du « Petit Breil » (XVlle), de « la Masserie » (XVlle), route de Châteaubriant.
Noyal-sur-Brutz : manoirs du « Brossais » (XVle), du « Plessis » (XVle, XVlle), de « La Chaussée » XVllle).
Rougé : les manoirs de « l’Orgeraie » et de « Beauvais » (XVIe)
Marsac-sur-Don : manoir du « Martray » (XVIe), « La Herbretais » Château XIXe sur des substructions plus anciennes, communs et parc ; ouvert au public.
Louisfert : ancien manoir de « La Loctière» (XVe, XVlle).
Erbray : manoir « La Haie Besnou », 1887, de l’architecte Liberge.
Petit-Auverné : manoir « la Rivière » (XVIlle).
Saint-Julien-de-Vouvantes : manoirs de « La Briais », (XlVe, XVllle), « Du Chalonge » (XVle).
Grand-Auverné : manoir « La Petite Haie », (XVle, XVlle), manoir du « Val » (XVlle), château de « Launay » (XlXe).
Issé : Ancien manoir de « la Martinière », (XlXe), château néogothique de Gâtine (XlXe).
Moisdon-la-Rivière : manoirs de « la Chaussée », de « la Palierne » (XVle).

Les longères sont très nombreuses et présentent pour la plupart des caractéristiques identiques, notamment l’habitat et les dépendances agricoles qui sont dans le même alignement. Les linteaux sont en bois et recouvrent d’une seule pièce la fenêtre et la porte. Les longères possèdent généralement des gerbières auxquelles on accède de l’extérieur par une échelle en bois. Comme dans beaucoup de bâtiments, le schiste est réservé uniquement au support des fenêtres.
A titre d’exemple et de manière non exhaustive :
Ruffigné : longère XlXe, grès et schiste, « la Gégaudais ».
Sion-les-Mines : longère XVllle, grès armoricain et schiste, « la Hunaudière », construite par Direction des forges, bâtie de part et d’autre de la rue principale du village.
Rougé longère début XXe, « la Guilbaudière ».
La Chapelle-Glain, Erbray, le Petit-Auverné : fermes en longère, « la Henriais », (début XXe), « la Refoulais », « la Mauriaudière », rue de Milan, (XVllle, XXe).
Des presbytères sont naturellement présents dans de nombreuses communes et si les qualités architecturales de ces édifices ne sont pas nécessairement remarquables, leur situation dans les bourgs ruraux en fait souvent des repères urbains majeurs. C’est notamment le cas à Ruffigné (presbytère XlXe), Soudan (presbytère XVlle —XVllle), Derval (presbytère XlXe), Sion-les-Mines (ancien presbytère, XVe ?), Moisdon-la-Rivière (presbytère XlXe, rue du Pont Neuf).
• Urbanisme
Un ensemble d’habitat ancien peut être cité : Le village de potiers « les Landelles » qui a connu une période de prospérité à Erbray vers 1830. Le petit village de la Hunaudière près de Sion-les-Mines présente encore un patrimoine à préserver tandis que celui de de la Feuvrais près de Châteaubriant, intact il y a quelques années encore, ne peut malheureusement plus être cité.
• Architecture agricole
Les corps de ferme sont généralement en longueur et se présentent le plus souvent en enfilade de bâtiments comme à Erbray (« La Refoulais ») ou à la Chapelle-Glain (« La Henriais », début XXe). Sur un même corps de bâti, la ferme « La Héraudière » (XVllle) à Fercé, comprend également une chapelle. Des granges peuvent accompagner ces ensembles comme à Marsac-sur-Don (soubassement en schiste, partie haute en bois, toit en tôle) ou Saint-Vincent-des-Landes (grange XVe , XVlle, « La Griopis »).
L’ampleur de certaines fermes peuvent les rapprocher des manoirs, à l’image de « la Mouesserie » (XVe, XVle).
L’élevage du cochon est longtemps resté l’une des principales sources de revenu des fermes de la région et nombre d’entre elles possèdent une porcherie, comme à Soudan (ferme XVllle, XlXe , « La griponnais »). La palissade peut être constituée de panneaux de schiste : « les palis », grandes dalles monolithes de schiste fichées dans la terre. Ce type de construction est caractéristique du territoire. Celle-ci se retrouve à Saint-Julien-de-Vouvantes avec une soue en pierre et schiste (lieudit « Duran », fin XlXe, début XXe), clôturée cette fois ci par des palis en dalles d’ardoise, au Grand-Auverné (abris et enclos de porcs, XVllle, XlXe, « le Porche »), à Saint-Aubin-des-Châteaux (« La Petite Souchais. Remises et clôtures en palis sont également présentes à Moisdon-la-Rivière. A Ruffigné (« Le Bourgneuf »), la porcherie se présente en longère.
Dans cette typologie d’architecture agricole, il faut signaler la laiterie-fromagerie de La Haye à Derval, route de Nantes (1936) et le haras construit en 1903 par les architectes Emile Libaudière et Raoul Ginoux de Fermon (« Gâtine »), à Issé.
• Architecture artisanale
Des fours à pain existent encore sur les communes de Ruffigné (fours à pain « Bel Endroit », « le Grand-Broissais »), Soudan (four à pain « La Champiais », Derval (four à pain « Bremdoux »), Rougé (four à pain « les Hautiers »), Soulvache (four à pain communautaire de Bonne Fontaine), Villepot (10, rue du stade), Marsac-sur-Don (« Etang de la Roche »), Erbray (four à pain des « Landelles », village de potiers).

• Architecture industrielle
Le territoire, région de forêts et d’étangs, aujourd’hui si profondément rural, faisait figure à la fin du XVllle siècle, d’important centre industriel (Cf. publication « Les forges du Pays de Châteaubriant, Loire-Atlantique » collection Itinéraires du patrimoine, n°14, Ed. du Patrimoine, S.R.I., DRAC des Pays de la Loire).
Un habitat spécifique (maisons de maître, maisons d’ingénieurs, maisons ouvrières), accompagne cette activité, comme à Noyalsur-Brutz : maison de maître « les Plants », vers 1840, cette demeure était la résidence des propriétaires des fours à chaux. Elle est accompagnée de la maison de Direction (fin XlXe) à « la Barette »
Rougé : mine de fer « la Minière », fin XlXe, la première société minière de Rougé est fondée à la fin du XlXe siècle par l’armateur hollandais de Porter
Soulvache : mine de fer de Bonnefontaine, maisons ouvrières de Bonne-Fontaine, 1922, « chapelle des polonais » (1923) et maison d’ingénieurs.
Site de la « Minière de fer », La Boulais » à la Meilleraye, resté tel quel, du début de son exploitation jusqu’au XlXe siècle.
Sion-les-Mines : puits de mine « Forge de Limèle ». Par ce puits, les wagonnets descendaient aux galeries où les ouvriers exploitaient le minerai de fer de Liméle, en 1927 et 1928. Fermeture des mines en 1966.
Moisdon-la-Rivière : forge de « Gravotel », 1725
Châteaubriant : briqueterie (1856). Trait caractéristique de l’architecture industrielle, l’entourage des baies en plein cintre est notamment réalisé en briques
L’exploitation du schiste (à Nozay notamment, carrière XlXe -XXe « les Pompières ») accompagne celle du fer comme à Marsacsur-Don à « la Châtaigneraie », où plusieurs carrières sont exploitées entre le XVllle et le début du XXe siècle.

Les traces de l’essor considérable de l’industrie de la chaux vers 1860, notamment pour l’agriculture, sont encore bien visibles à Erbray ancien four à chaux « le Cormier », (XlXe) et rampe d’accès (1856), accompagné de maisons d’ouvriers (XlXe).
Marqueurs historiques du paysage », il faut noter la présence de la carrière de sable rouge ferrugineux, « Maquignac », du XlXe siècle, à Ruffigné (moulin XVIlle , « Orgeraie »), Saint-Aubin-des-Châteaux (« le Moulin Neuf »), Soudan (moulin de Croc-Fer), Derval (moulin à eau « le Boismain », XlVe, XlXe, le moulin « du Thu », XIXe), Jans (le moulin «du Pont », XVe, qui a cessé son activité en 1975 mais qui conserve sa roue à aubes en bois), Saint-Vincent-des-Landes (moulin « des Grées », début XXe, moulin « des Tertres », Ancien Régime au XXe), Sion-les-Mines (moulin du « Pont Godalin », XVllle ?), Marsac-du-Don (moulin du Don, XlXe, route de Guéméné), Louisfert (moulin du « Bois-Vert », XlXe, augmenté d’une grande minoterie maintenant désaffectée.), Moisdon-la-Rivière (moulin à eau de Gouabet », XVIle, moulin à vent « du Breil », XVIlle, XlXe), Soudan (moulin « d’Erée », XlXe), Saint-Julien-De-Vouvantes (ancien moulin à vent « La Selle »), lssé (minoterie, début XlXe, « ferme de Beaumont »)
• Génie civil
Quelques gares du XlXe siècle sont présentes sur ce territoire, notamment à Châteaubriant, Derval (gare fermée en 1954, avec sa halle en bois XlXe), Rougé (ancienne gare située sur la ligne Châteaubriant – Ploërmel). Des ponts accompagnent parfois la ligne de chemin de fer, comme à Saint-Julien-de-Vouvantes, le pont en pierre sur le Don (1890 — 1939), Saint-Vincent-des-Landes (Pont « Philippe », XlXe, sur la rivière du Cosne).

Hors patrimoine ferroviaire associé, d’autres ponts remarquables sont à signaler, à Jans (pont XVIlle reconstruit au XlXe), à Saint Vincent-des-landes (pont sur la Chère, de 1861, reliant Derval à Lusanger), à Soulvache (« Les Ponts », XVIlle ?) au Grand Auverné (Pont sur l’étang de la Forge), à Sion-les-Mines (pont Godalin », 1876, sur la Chère)
De nombreux puits anciens et fontaines pittoresques émaillent ce territoire (Derval, Fercé, Marsac-sur-Don, « la Jaunaie », Erbray, « La Ridelais », Juigné-les-Moutiers, forêt de Juigné, le Petit-Auverné, rue du Stade,
Fontaine de Saint-Julien, 1948, lieudit « Girouy » à Saint-Julien-de-Vouvantes.
• Architecture de l’administration ou de la vie publique
Un grand nombre de mairies ont été réalisées au XlXe siècle :
Châteaubriant : Hôtel de ville (1849 — 1853), place Ernest Bréant, de l’architecte Chénantais associé au sculpteur Bousquet. Fronton sculpté en 1853, comportant les symboles de prospérité que sont la charrue et la ruche. Plus modeste et caractéristique des petites communes, la mairie-école de Juigné-les-Moutiers, les mairies de Soudan, Derval, Saint Julien-de-Vouvantes.

Edicules de l’administration ou de la vie publique : Les lavoirs sont une composante d’un patrimoine souvent modeste et fragile, comme les fontaines, les croix de chemin, les fours à pain. Ils n’en sont pas moins les derniers témoins de l’organisation sociale des sociétés rurales « anciennes ». Ils sont encore présents sur les communes de Soudan (lavoir XlXe en schiste et bois) et Saint-Julien-de-Vouvantes (lavoir XlXe, « le Don »), La Meilleraye (lavoir XVle, « le Pré-Saint-Pierre »).
• Architecture commerciale
Il faut signaler, à Châteaubriant (rue Aristide-Briand), le marché couvert de 1900, de l’architecte Félicien Balley. Ce bâtiment a une charpente métallique et présente la particularité d’être la première réalisation de ce type dans le pays de Châteaubriant. Il a été restauré en 1980 par l’architecte Xavier Ménard
• Architecture scolaire :
Soudan (école XlXe) Louisfert, pour la maison de l’école de l’instituteur, Louis Cadou, le poète mort en 1951.
• Architecture fiscale ou financière
Châteaubriant (Ancien hôtel des postes, 1913, architectes Cavele, Douillard et Bléno, vocabulaire architectural en façade (lucarnes, frontons, pilastres) rappelant le château de Chateaubriant)
Soudan (poste de gabelle, XVIlle, « le Feu », vestiges du pignon)
• Architecture religieuse Edifices religieux
Beaucoup d’églises de la région, en mauvais état ou jugées trop petites pour accueillir la population sont reconstruites dans les années 1880 — 1885. Le renouveau catholique au XlXe siècle et l’emprise du clergé se manifeste également dans l’érection de nombreux édicules religieux.
Des églises construites au XlXème siècle sont présentes sur les communes suivantes Saint-Aubin-des-Châteaux, Derval (avec une partie XXe de l’architecte Ménard), Jans, Lusanger, Saint-Vincent-des-Landes, Marsac-sur-Don, La Chapelle-Glain, le Grand-Auverné.
Ces édifices, souvent imposants au regard de la taille des communes, posent la question de leur utilisation, de leur entretien et des coûts de restauration qu’ils génèrent. A titre d’exemple, l’église de Saint-Julien de Vouvantes (architecte Bougoin) serait l’une des plus grande du département, après la cathédrale de Nantes.
De nombreuse chapelles sont également très présentes sur le territoire : Saint-Aubin-des-Châteaux (chapelle des Templiers), Soudan (Chapelle Saint-Mathurin, 1741), Derval (Chapelle Saint René, XVlle, « Fonds-des-Bois »), Lusanger (chapelle Saint-Côme et Saint-Donatien, « la Galotière »), Mouais (chapelle Saint-Marcellin), Saint-Vincent-des-Landes (chapelle Sainte-Madeleine), Sion-les Mines (chapelle Saint-Eloi, fin XVllle), Villepôt (chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, fin XVllle — 1892, rue de la Chapelle), Erbray (chapelle Notre-Dame-de-Liesse, XlXe, « les Landelles », construite dans un village de potiers), Le Grand-Auverné (chapelles Notre Dame-de-BonSecours, XlXème, et Sainte-Anne,1820.), Issé (chapelle en schiste du Buron, XVe), Ruffigné (chapelle Sainte-Catherine, en grès ferrugineux et tuffeau), Jans (chapelle Saint-Dulcien, XlVe, XVe, XXe), Soulvache (chapelle Saint-Fiacre, XVlle), Soudan (chapelle Saint-Barthélémy, « Dougilard », XVlle), Saint-Julien-de-Vouvantes (chapelle « Sainte-Anne », 1641)

• Edicules religieux
Les croix de chemin, si caractéristiques de cette région, utilisaient largement le schiste. Ces édicules, dont les plus anciens remontent peut-être à la fin du XVle siècle, sont caractérisés par leur croix pattée portant un Christ, à la sculpture naïve, posée sur un long fût de schiste. Leur fabrication s’est prolongée avec une évolution dans les formes, jusqu’à la fin du XlXe
Marsac sur Don (croix de la « Herbretais » (fin XlXe), Le Petit-Auverné (croix des Aulnes, route de Saint-Sulpice, 1597, l’un des plus anciens de la région, la croix « Cahier », fin XVle), Soudan (croix XVle)
Ce même XlXe siècle, jusqu’à la première moitié du XXe siècle qui a vu l’édification de nombreux calvaires comme à Ruffigné (route de Sion), Saint-Aubin-des-Châteaux (« la Daviais », « la Grippais »), Derval (avenue de la Garrelaye, et route de Mouais), Jans (croix Pétra, calvaire de mission), Lusanger (le calvaire de « la Pierre », XlXe), Saint-Vincent-des-Landes, Villepot (cimetière, 1876), Louisfert (calvaire monumental, 1871 — 1892), le Petit-Auverné (1877, route du Grand-Auverné), le Grand-Auverné (calvaire du « Val Rochemort »), Moisdon-La-Rivière, Erbray (1914, « La Touche d’Erbray »), Marsac-sur-Don (1910, « La Riallais »)
Ils succèdent ou accompagnent des calvaires parfois plus anciens comme à Lusanger (« le Vieux-Bourg », XVllle), Saint-Vincent-des-Landes (« route du cimetière », « la Kyrielle »), Le Grand-Auverné (calvaire « Villechoux », 1603)
