Joseph Bellier Des croix de schiste aux influences asiatiques

Joseph Bellier est un paysan-sculpteur autodidacte – mais fortement influencé par l’art asiatique à la suite d’un frère partie au Tonkin dans les années 1880. Il s’est illustré par ses sculptures que l’on retrouve à différents endroits dans la commune de Chelun (35) : la Croix, la Lardais, calvaire de la route de Forges-la-Forêt, à la sortie du bourg.

Croix monumentale, Croix (Chelun)

Œuvre architecturale Contributeur : L’inventaire du patrimoine culturel en Bretagne

Cette croix a été réalisée dans du schiste ardoisier. Elle est l’œuvre de Joseph Bellier également auteur du calvaire situé à la sortie du bourg, au nord de la route de Forges-la-Forêt.

Cette croix date de 1903 comme l’indique la date qu’elle porte. Elle a été réalisée peu de temps avant celle située à la sortie du bourg sur la route de Forges-la-Forêt (1914). Son auteur est probablement Joseph Bellier qui habitait cette ferme à cette époque.

Lieu-dit : Croix            Matériaux murs : micro-diorite quartzique ; schiste ; moellon

Matériaux toit : ardoise         Milieu d’implantation : isolé              Localisation : Ille-et-Vilaine

Auteur(s) du dossier : Dalibard Sabrina ; Ménard Stéphanie

https://www.bretania.bzh/portail/doc/GERTRUDE/IA35033185/croix-monumentale-croix-chelun?_lg=fr-FR

Calvaire, route de La Guerche-de-Bretagne (Chelun)     

Œuvre architecturale

Ce calvaire est composé d’une croix en schiste ardoisier. Sur cette croix, sont portées de nombreuses inscriptions : « IHS » surmonté d’une croix, les initiales M. et A. entrelacées et « ANA ».

L’implantation de cette croix date probablement du début du 20e siècle. Elle pourrait être l’œuvre de Joseph Bellier, sculpteur local du début du 20e siècle ayant réalisé deux autres croix à Chelun. De plus, l’utilisation du schiste ardoisier vient renforcer cette hypothèse car les autres croix réalisées par ce sculpteur sont également en schiste ardoisier, matériau assez peu utilisé pour réaliser des croix. En 1827, lorsque le cadastre a été effectué pour la commune, il n’existait pas de croix à cet emplacement.

Matériaux murs : schiste Milieu d’implantation : en village              Localisation : Ille-et-Vilaine

Auteur(s) du dossier : Dalibard Sabrina ; Ménard Stéphanie

https://www.bretania.bzh/portail/doc/GERTRUDE/IA35033114/calvaire-route-de-la-guerche-de-bretagne-chelun?_lg=br-FR

Calvaire, route de Forges-la-Forêt (Chelun)

Ce calvaire a été érigé en 1914, comme l’indique la date qu’il porte. L’auteur en est Joseph Bellier, un sculpteur local dont le travail se retrouve sur les fermes de la Lardais et de la Croix. Dans la cour de cette dernière ferme, il existe d’ailleurs une croix du même type que celle-ci en schiste ardoisier.

Ce calvaire a été réalisé en schiste ardoisier, il porte une multitude de symboles et de représentations différentes. Sur la croix, se trouve un Christ en fonte entouré de la Vierge et de Saint-Jean. Au-dessus du Christ, il existe de nombreuses têtes d’angelot, un aigle et l’inscription « INRI ». Sous le Christ, la figure du pèlerin est représentée sous la forme d’un personnage tenant une plaque portant l’inscription suivante : « aime Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même ». En partie inférieure, la Passion du Christ est représentée. Enfin, à la base de la croix, se trouve la date de 1914 au-dessus d’un serpent. Sur la base de la croix, il existe des motifs décoratifs rappelant les pinacles à choux frisés des églises de style gothique flamboyant.

https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/IA35033179

Les maisons et les fermes sur la commune de Chelun

Enfin, il existe une ferme présentant des dépendances particulières, il s’agit de la ferme de la Croix ayant appartenu aux frères Bellier. Dans la cour de cette ferme s’élèvent une croix et un moulin. Il est par ailleurs intéressant de noter que les deux fermes (la Lardais et la Croix) sur lesquelles existent des sculptures de Joseph Bellier possèdent une laiterie. Il s’agit des deux seules identifiées dans la commune ; cependant, ce type de dépendance résulte aussi de l’époque de construction des logis. En effet, les logis de fermes comprenant une laiterie datent du début du 20e siècle en règle générale.

https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/IA35033041

Ferme, la Forterie (Chelun)  Œuvre architecturale

Contributeur : L’inventaire du patrimoine culturel en Bretagne

Cette ferme est composée de nombreux bâtiments disposés en « U » autour d’une cour. Le logis se trouve au nord, il est construit en moellon de schiste et possède une couverture d’ardoise à croupes. Il possède trois souches de cheminées : une sur chaque pignon et une au centre du bâtiment. Les entourages de baies et la corniche sont en brique. Au nord-est de la cour, dans l’alignement du logis, s’élèvent des porcheries et un fournil. Ils sont construits en moellon de schiste pourpre et les baies possèdent des encadrements de brique. Les écuries se trouvent à l’ouest de la cour. Elles sont installées dans un bâtiment couvert d’un toit à croupes. Ce bâtiment est élevé en moellon de micro-diorite de quartz et présente des baies semi-circulaires à encadrements de brique. Enfin, au sud, il existe des étables. A l’instar des autres constructions de la ferme, celles-ci sont en moellon de schiste avec des entourages de baies et des portes hautes pendantes en brique. Une remise existe également à l’ouest.

En 1827, lorsque le premier cadastre de la commune fut réalisé, il existait trois constructions distinctes à cet endroit. Aujourd’hui, il n’existe plus qu’une seule ferme. Les bâtiments qui composent cette ferme sont datables de la fin du 19e siècle.

Ainsi, dans son ouvrage sur l’archevêché de Rennes publié en 1884, l’abbé Guillotin de Corson indique que la ferme est nouvellement construite, on peut donc en conclure que les bâtiments ont été élevés au cours des années 1870-1880.

Le logis a donc été construit à la fin du 19e siècle ; la tradition orale nous a rapporté qu’il était composé de trois pièces à feu d’environ 40 mètres carré chacune.

L’étable, située au sud, les porcheries et le fournil situés à l’est semblent également avoir été édifiés à la fin du 19e siècle. L’écurie située à l’ouest de la cour a probablement été construite au début du 20e siècle.

Il existait un prieuré à cet endroit : le prieuré de la Forestrie, qui dépendait de l’abbaye de Paimpont. A proximité, se trouvait également un manoir qui appartenait au duc d’Alençon en 1513.

Ces deux bâtiments ont disparu depuis fort longtemps car ils n’existaient déjà plus en 1827 lors de la réalisation du premier cadastre de Chelun.

Par ailleurs, cette ferme de la Forterie dépendait du château du Pavillon de la Forêt situé au nord-est de la ferme, dans la forêt de la Guerche-de-Bretagne. D’après la tradition orale, cette ferme était habitée par la famille Bellier au début du 20e siècle.

Joseph Bellier s’est illustré par ses sculptures que l’on retrouve à différents endroits dans la commune : la Croix, la Lardais, calvaire de la route de Forges-la-Forêt, à la sortie du bourg.

Lieu-dit : Forterie       Matériaux murs : schiste ; micro-diorite quartzique ; moellon

Materiaux toit : ardoise         Milieu d’implantation : isolé              Localisation : Ille-et-Vilaine

Auteur(s) du dossier : Dalibard Sabrina ; Ménard Stéphanie

https://www.bretania.bzh/doc/GERTRUDE/IA35033140

Ferme, Croix (Chelun)

Cette ferme est composée de plusieurs corps de bâtiment. Le logis est situé au nord, sa construction semble remonter aux années 1910. Le décor de brique de la façade, sa composition à deux pièces à feu ainsi que le fronton triangulaire en partie centrale en attestent.

De plus, Joseph Bellier, auteur des sculptures portées sur les différents bâtiments du lieu, travaillait à cette époque. En effet, le calvaire dont il est l’auteur dans le bourg porte la date de 1914.

Certaines parties de bâtiment paraissent plus anciennes que le logis, c’est le cas de la partie accolée à l’ouest du logis. En effet, cette partie présente une maçonnerie de moellon de schiste pourpre complètement différente de celle du logis.

Cette partie peut correspondre à un bâtiment implanté antérieurement à cet endroit. Ainsi, le cadastre de 1827 figure un alignement de trois logis à cet emplacement à cette date.

La tradition orale nous a rapporté que le moulin était originellement à la Forterie car la famille Bellier était installée dans cette ferme. Au moment de leur installation à la Croix, le moulin aurait été transféré.

Toujours d’après la tradition orale, il existait une autre maison au sud du logis actuel. Elle a été détruite il y a une dizaine d’années seulement. Cette construction est d’ailleurs visible sur le cadastre de 1827.

Les différents bâtiments composant cette ferme sont élevés en moellon de schiste pourpre et de micro-diorite de quartz ; ils sont couverts d’ardoise.

Le logis présente un fronton triangulaire et un décor important de brique : bandeau, encadrements, souches de cheminée, corniche… Il est composé de deux pièces à feu.

A l’ouest du logis, se trouve un petit bâtiment qui abrite l’ancienne laiterie. En effet, sur chaque dépendance, il existe une représentation indiquant la fonction du lieu. Ainsi, sur cette partie, on peut voir une sculpture représentant une femme avec une baratte en train de faire du beurre.

A l’est du logis, se trouve un bâtiment indépendant qui abrite l’étable, l’écurie et la grange. Une tête de vache, une tête de chevaux et un homme transportant du foin sont en effet représentés sur ce bâtiment.

Au nord de ce bâtiment, se trouvent des porcheries, un porc est également figuré sur le pignon est de ce bâtiment. Au sud-est du logis, il existe une croix en schiste ardoisier, un four et un moulin.

https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/IA35033184

Exceptionnel, en revanche, Joseph Bellier l’est assurément. D’une certaine manière, cet homme n’est d’ailleurs pas sans rappeler Lucie Baud en ce que J.-C. Meuret et M. Perrot disposent tous deux pour finir d’assez peu d’archives pour écrire la biographie de ces deux individus hors-norme. En effet, Bellier est un paysan-sculpteur autodidacte – mais fortement influencé par l’art asiatique à la suite d’un frère partie au Tonkin dans les années 1880 – à qui l’on doit notamment un calvaire érigé à Chelun en 1915.

Né en 1846, Bellier est témoin de nombreux troubles de son temps : guerre de 1870, chute du Second Empire et proclamation de la République, épisode communard, Affaire Dreyfus… Or J.-C. Meuret dresse le constat d’une œuvre qui, globalement, se révèle être entièrement tournée vers la religion et imperméable aux influences extérieures de la vie séculière (p. 75), à l’exception du calvaire dit du Bignon. Celui-ci revêt en effet une signification particulière lorsque l’on sait que la croix est consacrée en 1915, en pleine guerre, lors du dimanche de la Passion, et que le Christ qui y figure est porté par six conscrits de la classe 1916 (p. 78).

Erwan LE GALL

LAGADEC, Yann, MEURET, Jean-Claude et RANNOU, Yves, Une entrée en guerre. Chelun, village breton, 1914-1915, Rennes, Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, 2013.

http://enenvor.fr/eeo_revue/numero_2/cr/yl/chelun_1914_1915_village_monde.html

S’il est une pensée ou un sentiment supérieur qu’ait sciemment voulu exprimer Joseph Bellier, c’est sa foi chrétienne. […]

Sans doute l’usage de christianiser les habitations et les paysages correspond-il à des pratiques remontant à plusieurs siècles, mais on observe avec lui la volonté insistante de placer les lieux de passage les pl us fréquentés sous une croix ou sous une niche à statue : entrées de la ferme, angle de passage, porte d’habitation, porte du moulin.

Les deux calvaires relèvent de la même pratique, mais portée plus loin encore car il en fait des sortes de lieux de culte à fonction protectrice, eux-mêmes protégés par des gardiens de pierre.

Si l’on en juge par la manière dont il représente les écoliers et les deniers sur les deux calvaires, Joseph Bellier adhère totalement aux valeurs de la société rurale et chrétienne dans laquelle il vit : ordre, travail et économie sous le regard de Dieu.

Ni par l’image, ni par le texte, il ne laisse jamais transparaître de sentiment laïc ou républicain, imposant au contraire partout où il œuvre les signes de la croix et de l’Église.

Même s’ils recèlent bien des images, des usages et des croyances antérieur e s, tous ces traits « artistiques » se mêlent dans un style et une pensée religieuse avant tout ruraux, simples, directs, immédiats.

La fusion et l’intégration profonde de ces données culturelles et de cette manière d’être font de Joseph Bellier un réel autodidacte. […]

C’est dans la cour de la ferme qu’en 1903 il érige un premier calvaire. La croix elle-même porte sur le fût presque tout le répertoire imagé de la Passion du Christ […]

La deuxième] croix a été consacrée […] le dimanche de la Passion [1915] […] Plus bas sur le fût, les habituels instruments et attributs de la Passion […]. » (J.C. Meuret, 2013 : 75 78)

Meuret, J. C. (2013), « Un monument unique et emblématique : le calvaire de Joseph Bellier à Chelun

Chelun (1914 -1915) » in Lagadec Y., Meuret, J. C., Rannou Y., « Une entrée en guerre, Chelun, village breton, 1914 1915 », in Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, 2013

Croix de chemin avec Arma Christi aux Marches de Bretagne orientale.