Histoire des Maîtres-carriers de la pierre bleue Nozay

Histoire et chronologie des familles de Maîtres carriers de la pierre bleue sur Nozay du XIXe siècle au XXe siècle, familles Franck, Bouvet, Aubert et Doucet : plusieurs générations au service de l’exploitation de ce schiste exceptionnel : d’après des recherches effectuées par José Teffo.

Chronologie des maîtres-carriers à Nozay (FRANCK, fils et petit-fils)

1807 : Naissance de Jean, Jacob  (Alsace-Lorraine)

1847 : Naissance du fils Nicolas (Alsace-Lorraine)

          :Premiers cours à l’école impériale d’agriculture de Grandjouan (dont le directeur est Jules Rieffel, lorrain).

1856 : Jean est à Nozay (avec son frère Jacques), il a 49 ans, ancien amoulageur (menuisier pour moulins et minoteries, il a été aussi manœuvre, fileur, voiturier, Jules Rieffel (qui l’a peut-être fait venir), l’engage comme aide-berger (avec d’autres éleveurs lorrains) suite à l’achat d’un important troupeau de moutons, après avoir habité avec sa femme,  la ferme de l’Avenir ( les deux filles aînées sont restées dans l’Est)  il se retrouve à celle de La Fontaine au Beurre.

                Il se fait recenser militairement.

1861 : Il emménage à La Bâtisse (Route de Rennes, bâtiment appartenant au Comte de Maquillé), fera connaissance avec Aimé Maurice (occupant lui aussi) qui initie son fils à l’art de la taille de la pierre bleue.

1871 : Nicolas se met carrier, il loue à la Grand-Haie le plus grand lot (38 Ha)  des anciennes carrières municipales que le comte vient de racheter à son nouveau mandat de maire.

1872 : les Franck demandent la nationalité française (qu’ils ont perdu suite à la défaite contre les Prussiens, l’Alsace-Lorraine étant devenue allemande, et sympathisent avec François Aubert, réserviste, qui a écrit un recueil «La Rançon» à propos de cet épisode historique.

1876 : Premières croix de chemin signées «Franck à Nozay» (l’une de fonte, Saffré route de Grandchamps, située à 100 m d’une de facture «Bouvais» concurrent, et l’autre à Vay La Clardière (Latine de section ronde, première d’une série de plus de 70).

1879 : Autres croix signées Franck : Vay (La Guichardière) quasi unique, croisillon avec une couronne de fleurs en diagonale dite de «Félicité» (par une vie sur Terre exemplaire, le défunt allait directement au Paradis), sur un socle de panneaux verticaux sculptés (Les Franck érigeront dans cette commune plus d’une  dizaine de croix de leur début jusqu’à leur fin en 1925). Héric (La Grenardrie), l’entreprise a acheté non loin à Glasnet, un terrain,( près du canal) pour le transport des produits à la vente ;

1881 (3 octobre), décès de Jean-Jacob (74 ans).

1883 : Nicolas épouse Victorine Aillet,  (l’une des grandes familles marchandes et d’élus à Nozay), Henri de Maquillé est l’un de ses témoins, il entre ainsi dans le cercle des notables de la ville. ;

1884 : Mise en service de la ligne de chemin de fer Châteaubriant/Saint-Nazaire ;

1886 :Naissance  du petit-fils Gabriel, le père est lauréat aux expositions industrielle de Nantes.

1887 : Devant la concurrence pour le «Toujours plus haut» (Les Bouvet ayant taillé des «Pattées curvilignes», leur marque de fabrique, d’une longueur totale de près de 7 m (Saint-Sulpice des Landes 35), et compte-tenu de la grande largeur de celles des «Franck»,  Nicolas opte  pour 2  (ou 3) éléments assemblés par des tenons et des mortaises, la première du genre étant à Châteaubriant (La Préauderie), érigée à l’occasion d’une mission.

1888 : 2e exemplaire de ce type à Nozay (Coisbrac), 3 éléments sur un double socle, hauteur totale 7,50 m ,(l’élément horizontal d’une longueur de 1,90m, et d’une section de 10 cm, pèserait 150 kg à lui tout seul)…

Début de la consécration pour Nicolas, il égalise sa production de croix à celle de son rival (une par trimestre) que ce dernier avait 10 ans auparavant (ils en ont érigé rien que 22 sur une trentaine d’années à Saint-Aubin-des-Châteaux).

1898 : 2 autres fleurons à l’entreprise : 2 croix de plus de 5 m de hauteur en 2 morceaux réunis par un énorme nœud sculpté (tout comme le socle avec des inscriptions), Issé (La Queue de l’Eau), dans un enclos maçonné (en cours de restauration), Lusanger (La Pierre), similaire, dans un enclos de palis (disparue dans les lauriers-palme…)

1899 : 1e juillet : Première entente tarifaire entre les maîtres-carriers (Bouvet, Doucet, Franck, Garçon,Launay, Lemasson, Lessard frères).

1904 : Création de la »Société coopérative anonyme des carriers de Nozay, une vingtaine d’ouvriers quittent leurs patrons pour s’embaucher.

1906 : Décès de Nicolas (59 ans), l’entreprise emploie 50 ouvriers (dont 12 à Marsac-sur-Don), forte zone de chalandise dans le Castelbriantais (12 croix à Sion-les-Mines, et une mairie à la gloire de la pierre bleue). Gabriel prend la suite.

1908 : Mariage de Gabriel avec Mélanie Goude.

1909:Ce dernier ajoute un autre fleuron (similaire aux précédents) : Issé (Le Mortier) lui aussi dans un enclos maçonné (ensemble restauré) ; Utilisation d’une scie mécanique et d’une chaudière à vapeur.

1911 : Fin de la société coopérative, bien des ouvriers retournent chez leurs anciens patrons.

1913 : Gabriel construit sa maison (actuellement insérée dans le collège privé près de la gare) , alliant pierre bleue et briques blanches.

1914 : Dernière croix  (de rogation, Vay, La croix Guichard), avant la Grande Guerre ;

1919 : L’entreprise fait mieux que les «Bouvet» pour ériger des croix de reconnaissance (privées ou publiques), pour les «Poilus» morts ou revenus (celle dans le cimetière de Jans érigée en 1921 pourrait être la dernier du concurrent).

1924/1925, Dernières croix de chemin pour Gabriel (Vay, Nort-sur-Erdre, Saint-Aubin-des-Châteaux, l’entreprise n’a plus que 26 ouvriers..

1936 ; Encore moins d’ouvriers, plus que 9 (14 pour les Bouvet).

1942 : Croix du Troisy (Nozay) : Petite à ergots, son socle en 4 panneaux verticaux en est sa signature, Gabriel reprend le même concept que son grand-père à ses débuts en 1879 (et l’histoire est singulière pour cette dernière).

1945 : Décès de Gabriel (59 ans), Fin de la saga Franck, aucun de ses 3 enfants ne reprendra l’affaire.

Par la quantité énorme ( par rapport au peu d’ouvriers et au peu de matériel), de matériau sorti des carrières, la qualité et la rapidité d’exécution des ouvriers, cette entreprise a contribué (ainsi que les concurrentes) à façonner et donner une touche particulière aux bourgs et campagnes autour de Nozay ;

              Chronologie des maîtres-carriers à Nozay (Bouvet, père, fils et petit-fils)

                                                             Première génération

1796: Naissance de François (décédé en 1861 à l’âge de 65 ans), devient extracteur de houille aux mines de Languin (Saffré).                                                           

1840: S’installe à la Grand-Haie à Nozay avec son épouse et son fils François (né en 1834) pour travailler la pierre bleue.

1843: N’arrivant pas à acheter de carrière, il loue le 5e lot à côté de son habitation.

1844: Apparition dans les croix de chemin, d’un nouveau modèle: une pattée curviligne (juxtaposition d’une croix latine à une croix de Malte), avec sculpture d’un petit christ au visage rond et plat (déjà vu) (actuellement à la Ville-Ville à Abbaretz), premier d’une série de plus de 180 en 50 ans.

1845: Il est dit tireur de pierre, et dit carrier en 1851, il habite à Nozay rue du Château (de Maquillé, (actuellement rue Jules Rieffel)

                                                              Deuxième génération

François: né en 1834 (décédé en 1905 à l’âge de 69 ans). Dit carrier en 1853 et maître-carrier en 1890, marié en 1861 avec Jeanne Launay (1833/1883).

En 1969, apparition d’un nouveau modèle de croix de chemin (dite à redent, les croisillons dépassent le rond de celle-ci), 9 exemplaires recensés (cf Issé /Le Bois-Glain).

 Les Bouvet et les Launay travaillent ensemble, depuis 1872, leurs chantiers étant route de Rennes..

Face à la concurrence, les Bouvet ressortent en 1886 un nouveau modèle aux croisillons pattés plus fins (15 exemplaires recensés, 3 datés : 1886/1896/1909). En 1903 François cède son entreprise à ses deux fils.

                                                              Troisième génération

Francis dit François né en 1864 (décédé en 1942 à l’âge de 78 ans), se marie en 1892 avec Emilie Garçon (père aussi maître-carrier), l’entreprise en tire profit.

Il construit sa maison à La Grand-Haie (actuellement scierie Bourdaud),

Joseph  né en 1868 (décédé en 1941 à l’âge de 73 ans). Maître-carrier en 1905, Il a construit sa maison (place de l’église, angle de la rue du champ de foire, tout près de la nouvelle église dont il est membre du conseil).

Chacun a sa propre exploitation, leurs maisons servant de siège social

En 1906 les deux entreprises ont 34 ouvriers et font installer un tour à pierre. Et en 1911 ils sont les plus grands employeurs (54, Gabriel Franck n’en a plus que 30).

1921: Dernière croix pattée datée (Jans, cimetière).

1936: Plus que 14 ouvriers (inscrits aux registres du commerce jusqu’en 1938)

Joseph meurt en 1941 et Francis en 1942 .

Ce dernier eut 2 filles: Emilie (mariée à Donatien Guillon) et Maria (mariée à Aristide Bourdaud).

Avec Les Gonel et les Maurice, ils ont été les pionniers à descendre dans les carrières de Nozay, dont leur exploitation était au ralenti, les premiers étaient des tisserands  (à la Hunaudière) pour être tireurs de pierre dès 1820, et les seconds granitiers à Nantes; Leur fils arriva à Nozay vers 1836 avec un nouveau marteau taillant (à deux pointes) qui remplacera très vite celui jusqu’alors utilisé.

En pratiquant l’endogamie (mariage à l’intérieur d’un groupe, lequel peut-être forcé), les Bouvet ont contribué à l’essor de leur entreprise, mais comme pour les autres, le déclin a été irrémédiable après la Première guerre Mondiale, peut-précipité par l’absence de descendance masculine.

Ils auront érigé plus de 200 croix de chemin sur une soixantaine d’années soit une par trimestre (cadence encore accrue dans les années 1870/1890) sur une soixantaine de communes autour de Nozay (dont certaines en Ille-et-Vilaine).

Chronologie de la famille d’Hugues François Aubert, né en 1832, inventeur de brevets et innovateur

1806 : Naissance d’Auguste (père) à Ancenis

1824 :   Les époux Claude vendent le moulin de la Villatte à Jean Jacques Aimé Foucault, filateur de coton

M. Foucault est filateur de coton et aménage le moulin en fonction de cette production. La filature décrite en 1840 n’a plus rien à voir avec l’ancien moulin qui n’est pas mentionné comme tel.

1829 : création, de la société en commandite : Filature de la Villatte. L’armateur nantais Haentjens en est actionnaire.

1838 : Vente de la filature aux frères Choimet (Nantais),

1840 : Faillite de l’entreprise rachetée par Auguste Aubert

1843 : Construction d’une forge et d’une habitation à La Villate,

1846 : (Recensement) : Auguste, déclaré filateur de profession, vit à La Villate avec sa mère, sa femme (Adèle Banchais née en 1908 à Nantes et décédée en 1872), son frère Adolphe (37 ans), filateur, un beau-frère Eugène Grenon (marié avec Eulalie Aubert), médecin, marchand d’alcool, et 2 domestiques, les enfants Emilie (1831) et François (1832) ne sont pas mentionnés.

1852 – 1855 : Auguste AUBERT est maire de Nozay par décret impérial.

1856 : Aubert Auguste, 50 ans est filateur, avec sa femme Banchais Adèle, Emilie 25 ans et François 22 ans, et leur domestique Françoise Leroux. Ils sont entourés de fileuse, filateur, journaliers et meunier.

1859 : le 2 Avril Auguste dépose un brevet d’invention (SGDG) pour le perfectionnement apporté aux ciseaux, sécateurs et cisailles

1861 :  Aubert Auguste, 55 ans, est Filateur, avec son épouse Adèle de 52 ans et leurs deux enfants de 30 et 25 ans. Ils sont entourés de ménages, d’ouvrier filateur, de journaliers, de meunier, de carrier.

1863 : Brevet d’invention pour une cisaille à métaux par Hugues François Aubert.

1866 : Auguste est déclaré fabricant d’outils agricoles (pour l’école Impériale d’Agriculture de Grandjouan (ouverte en 1847). Aubert Auguste, 60 ans, fabricant d’instrument agricoles et son épouse Adèle, 57 ans sont avec leur fille Emilie 35 ans, et leur fils François, 33 ans, et Françoise Leroux domestique, 30 ans. Ils sont entourés de foyers de journaliers, meunier, et Tourneur ajusteur.

1870 : son fils François (Hugues) décide d’exploiter les carrières de La Villate, il emploie d’anciens filateurs (dont François dit Firmin Lemasson (né en 1852)

1871 : François fournit de la pierre pour son oncle François Bougouïn (marié à Anne Banchais) pour un calvaire érigé à Toulienn (Le Pouliguen), négociant maritime nantais, en reconnaissance du retour de son fils aîné Alphonse de la guerre contre les Prussiens (taillé par un sculpteur nantais et béni le 1er octobre 1871)

-Mise en place dans le bourg de Treffieux d’une croix au socle atypique (en forme d’autel, pierres taillées dans le galbe), (6 exemplaires recensés) qui aurait pu être taillée dans son entreprise.

1872 :  François Aubert, 40 ans, mécanicien de profession est dans le foyer de Auguste Aubert, propriétaire, né à Ancenis, âgé de 66 ans, avec l’épouse Banchois Adèle, 63 ans née à Nantes et leur fille Emilie 41 ans, née à Ancenis.

1872 : Mise en place à Lusanger (Le Tertre Gicquel) d’une autre croix atypique (croisillon entouré d’un engrenage au fût fiché dans un socle octogonal (6 exemplaires recensés)

Décès d’Adèle l’épouse d’Auguste Aubert

1873 (4 août) : Émilie Foucault décède le 23 avril et Auguste son père le 4 août.

Hugues François Aubert hérite de la filature qui est remplacée par une fabrique de sécateurs et une scierie mécanique pour le bois et une installation pour le travail de la pierre. Cela avait peut-être été initié en 1866. Une locomobile est utilisée (mentionnée dans les ventes de 1883)

(En marge de la chronologie consacrée à François Aubert de la Villatte, Décès d’un autre François Aubert (de Courcerac) âgé de 14 ans (né en 1859) dit frappé mortellement par un accident de chasse à Bellevue (Nozay) et dit étudiant et résident à Saint-Avé (Morbihan) au château de Beauregard. ; Sur la croix (de pierre bleue) dans un champ, il est inscrit : A LA/MEMOIRE/DE/MON/FRERE/FRANçOIS AUBERT/8 8Bre 1873/DE PROFONDIS)

1875 25 janvier : François dépose un brevet d’invention (SGDG) pour le perfectionnement apporté dans la construction des cartouches pour fusils Lefourcheux et autres armes de chasse et de guerre

– Mise en place dans le bourg de Jans d’un autre modèle de croix aussi atypique (croisillons avec d’énormes trefles) (5 exemplaires recensés) sur son socle inscription : Jubilé 1875

1877 : Modernisation de l’entreprise (François veut en faire une usine à tailler la « Pierre Bleue »

1878/1881 : Fournitures de pierres taillées pour le fronton du portail d’entrée de l’église Notre-Dame de Toutes-Aides à Nantes

1881.Dernier recensement de François : il vit seul à La Villate avec Françoise Leroux (48 ans) sa domestique

1882 : Triomphe à l’exposition industrielle de Nantes, pour la première fois le schiste nozéen est nommé publiquement « Pierre Bleue » Extension de sa gamme de produits (dont croix citées, rampes de portes, chapiteaux, trottoirs, urinoirs, le tout de pierre de première qualité)

Le 28 octobre 1882, un incendie détruit la fabrique d’outils et la scierie. (Enquête 1883)

Eugène Simon Grenon, ancien marchand de liqueurs et tabacs à Paris, est déclaré en faillite en 1882 .Cette faillite est due en partie à une créance non remboursée d’un montant de 20 000 francs contractée par M. Auguste Aubert en 1843 et garantie sur l’ensemble de la filature et des terres. Les créanciers sont la sœur de M. Aubert, Eulalie Flavie Aubert et son mari Eugène Grenon, docteur. M. Eugène Grenon fils en a hérité et l’a revendue lors de sa faillite. La créance a circulé et ses derniers possesseurs en demandent le règlement à M. Aubert fils qui procède à une vente par adjudication volontaire le 27 juin.

1883, François vend ce qui est encore en bon état (ou encore neuf) par adjudication volontaire ainsi que les bâtiments (à Joseph Claude, qui possède déjà terrains et constructions alentour)

Joseph François Claude, meunier, remporte cette adjudication pour 27 100 francs. Il est le petit fils de René Claude et Marie Barbet. Le moulin redevient une minoterie. Un nouveau moulin à eau est déclaré en 1887.

Triste fin pour cet entrepreneur peut-être un peu trop audacieux, 12 années seulement.

Travaillait-il en partenariat avec d’autres maîtres-carriers, comme les Bouvet : Peut-être ! Deux de leurs croix pattées curvilignes (leurs marques de fabrique) sont fichées dans des socles-autels (Treffieux/Mairie, Bonnoeuvre/bourg), Ces derniers ont-ils récupéré toute la production en cours ? (Croix à engrenage de La Ginguenais à Treffieux (bénie le 21 mai 1884) Même défaut de gravure du chiffre 4 (à l’envers) que celle sur l’un de leurs fleurons (Saffré/Bout-de-Bois 1884).

Alors incendie accidentel ou criminel ? Une évidence apparaît : les deux autres maîtres-carriers en titre ont désormais le champ libre…

Sources : Un texte de José Teffo de mai 2026, d’après l’ouvrage collectif « La Pierre bleue au Pays de Châteaubriant » publié en 2024, les listes nominatives des recensements de le population en ligne aux archives départementales et l’article de l’ASPHAN :

https://www.asphan.fr/histoire/les-moulins-de-la-comcom/moulin-%C3%A7-eau-de-la-villatte

Chronologie des maîtres-carriers de Nozay Les Doucet

Bien qu’étant dans le peloton d’arrivée des entrepreneurs à Nozay pour l’exploitation de ses carrières, celle des Doucet a été tardive, elle n’a commencé qu’en 1882 (alors que c’était l’apothéose pour les Bouvet et le début de l’heure de gloire pour les Franck).

1808: Naissance de Jean à Joué-sur-Erdre , arrive à Nozay en 1847, après son mariage, il a  eu deux enfants: 

                                                                    Première génération:

Louis: né en 1852 (décédé en 1927 à l’âge de 75 ans); cultivateur aux Mernais, tailleur de pierres à partir de 1882 (3 carrières à La Touche-de Boissaie). Echaudé par la mort de son cousin Pierre Tourillon en 1891 (enseveli dans le trou qu’il faisait dans son champ pour tirer de la pierre), il ne reprend l’activité qu’en 1905 pour en faire son métier.

                                                                     Deuxième génération

Sur ses 3 enfants (avec Louise Corbin), 2 vont être carriers:

Pierre: né en 1887, (décédé en 1970 à l’âge de 83 ans), exploitation à La Touche de Boissaie de 1919 à 1956.

François: né en 1889 (décédé en 1936, du tétanos, suite à un coup de fourche, et plusieurs fois amputé), après être devenu maître-carrier, hérite d’une carrière à La Touche-de-Boissaie.

                                                                       Troisième génération

A) Enfants de Pierre:

Pierre: né en 1917, (décédé en 2008 à l’âge de 91 ans) Débute en 1941 (carrières à La croix-Jarry (Nozay) et à Beau-Soleil (Marsac-sur-Don), maximum d’ouvriers en 1946 (16), production de poteaux de vigne et de collecteurs d’huîtres. En 1948 achète une carrière à La Villate (appartenant à Mr de Maquillé) et une à Marsac-sur-Don; En 1952/1953, il construit sa maison (route de Rennes) ; En 1957 il achète une débiteuse (grosse scie circulaire, sur banc), (maniée par Lucien Lemasson). Pierre Labarre (Nozéen sculpteur sur pierre, entre autres) y travailla 15 années entre 1954 et 1973.

Fin de l’entreprise en 1981, il a 64 ans.

André: né en 1924 (décédé en 2020 à l’âge de 96 ans), Crée son entreprise en 1953, jusqu’en 1972 (pour devenir commercial).

B) Enfant de François:

Paul: né en 1924 (décédé en 2019 à l’âge de 95 ans): Crée son entreprise en 1951 dans une carrière de La Colle (achetée suite à l’héritage d’une tante), là aussi collecteurs d’huîtres et poteaux de vigne et aussi placage ( très à la mode ans la construction des maisons des années 1960/1980), Il travaille seul, (se fait aider par son épouse qui tourne le treuil pour sortir les pierres)…jusqu’en 1984, où il prend sa retraite. Fin des maîtres-carriers Doucet…

Autres productions:

-Pierres taillées: pour le manoir de Bois-Péan (Fercé), pour le «Juvénat» de Derval (1848/1973), -Fabrication de cheminées d’intérieur,

-Fourniture de pierre brute (pour le sculpteur Jean Fréour): Vierge à l’enfant à Ruffigné, monument aux morts d’Ypres (Belqique) 1966,

-Confection de tables d’autel: églises de Jans, Nozay, Pierric, Pornichet,

-Tailles de croix de chemin: 1958, Le Pont Forêt, Plessé: Pattée curviligne (revisitée) pour le décès de Maurice Judicael du Rostu, mort pour La France le 16 juin 1957 à Sétif (Algérie), 1959 croix (latine) du manoir de Tregroaz (Guémené-Penfao), 1975: Le Haut-Luc, Le Gâvre: croix de chemin  Fraud (latine).

-Restauration (en 1959) de la croix de chemin de La Bâtisse (Route de Rennes), appartenant à Mr de Maquillé (rajout du croisillon droit disparu, avec bras du Christ) et ajout d’un socle en pierres taillées.