Moulins de Bretagne. Inscriptions. Stany Gauthier

Article de Stany Gauthier : L’auteur essaie de classifier certains signes creusés et gravés sur les pierres de nombreux moulins de Bretagne témoignant de quelques éléments de curiosité jusque-là inédits. Bulletin de la Société archéologique  de Nantes et de la Loire-Inférieure, 1954. Recherches : A. Legrais

Pour information un article paru sur Patrimonia sur les moulins bâteaux (Le moulin-bateau est un moulin à eau construit sur un bateau, amarré à la rive ou ancré dans le courant qui entraîne la roue. Ils ont laissé peu de traces dans la mémoire collective, probablement parce qu’ils ont disparu à Nantes dès 1838.)

https://patrimonia.nantes.fr/home/decouvrir/themes-et-quartiers/moulins-bateaux.html

Signes lapidaires de Moulins de Bretagne

Article de Stany Gauthier

Joseph Stany Gauthier, pseudonyme de Joseph Stanislas Gauthier, né le 30 avril 1883 à Carcassonne (Aude) et mort le 4 juin 1969 à Nantes (Loire-Atlantique) est un peintre, architecte-décorateur, enseignant et conservateur de musée français. Historien de l’art, Joseph Stany Gauthier (1883-1969) fut professeur à l’école des Beaux-Arts de Nantes avant de devenir conservateur du musée du Château de Nantes de 1922 à 1969 et de ses deux musées : le musée des Arts et traditions populaires, ainsi que le musée des Arts décoratifs. Il peint également la Bretagne, des scènes de port, des bateaux, des cathédrales, des paysages bretons. Une partie de ses œuvres sont notamment conservées au musée des Beaux-Arts de Nantes.

Certains signes creusés et gravés sur les pierres de nombreux moulins de Bretagne sont analysés par l’auteur qui témoigne de quelques éléments de curiosité jusque-là inédits.

L’auteur essaie de classifier ces signes et gravures.

Il remarque qu’elles sont toujours faites sur les pieddroits des portes sur la face extérieure ou le plus souvent sur la face de retour vers l’intérieur. Quelques gravures sont également réalisées autour des jambages des fenêtres à l’étage.

Le repérage des emplacements est donc relativement facile même si parfois les gravures sont habilement dissimulées.

On rencontre diverses formes :

  1. Des traits parallèles, hachures, verticales, horizontales, obliques ou enchevêtrée. Des petites figures : carrés, rectangles, losanges, cercles limités par un trait, petites cuvettes creuses genre cupules. La fonction et la destination de ces signes reste assez mystérieuse : simples marques ou langage écrit conventionnel (entre meuniers ?)
  2. Emblèmes religieux (très fréquents) : croix de toutes formes, de toutes dimensions et parfois agrémentées de figures. Pour l’auteur ce ne sont que des signes de protection. (Voir figure 5). Plusieurs modèles de croix ont été relevés sur les pieddroits des moulins.

DEF moulin sur la butte de Port Launay (Couëron), F : 18 cm, E : 19 cm)

AA’BB’C moulin de Malescot (Vigneux de Bretagne)

AA’ pied droit à croix gravées superposées)

GHIJ moulin de Bellevue (Sautron) H grand motif sur le pieddroit gauche de la porte J croix sur le pied droit droit IG motifs sur la porte opposée

LMN moulin de Kervec’h (Crach) (56) MN croix de la porte

PO curieux motifs gravés aux fenêtres du moulin de Trogoff (Plumergat) (56)

En plus quatre croix gravées sur le pied droit des portes

K croix sur le moulin de Sorlès (Pluvigner) (56)

3) Armoiries. Des écussons armoriés surmontant les portes des moulins (Bouée) 44

4) Inscriptions. Elles figurent souvent au linteau des porte ou sur une grosse pierre du jambage, plus rarement à l’intérieur.

Ces inscriptions font généralement connaître le nom du constructeur ou du propriétaire avec dates.

Moulin de Malescot (Vigneux de Bretagne)

Une large assise du pied droit possède l’inscription PIERIC et deux dates 1705 1709 (voir figure 5). Mystérieuse répétition de quatre 9 dans un étroit cartouche surmonté d’une petite croix. Une autre inscription ROBER PERAV 1888 sur l’intérieur BB’ du pied droit renseigne probablement sur un successeur

Pénestin, près du Bréseau : moulin ruiné avec sur une pierre du jambage gauche un écusson voluté avec une inscription réduite et une date O.C. 1839.

Moulin de Ranrouët : au jambage droit de la porte, au-dessus d’une croix, banderole cintrée portant une inscription devenue illisible.

Couëron (Haut Moulin), près de la Mercerie et de la chapelle St Blaise :

« Au tombeau des Jaloux » 1853

L’auteur invite à étudier plus attentivement ces inscriptions sur des monuments bien souvent amenés à disparaître.

                                                                                                                           Stany Gauthier