« Pierric Patrimoine » présente un aperçu des richesses patrimoniales de la commune de Pierric sur les thèmes : Châteaux, maisons modernes, manoirs et maisons de caractère, chapelles, édifices religieux, croix, patrimoine de proximité, industrie, carrières, moulins, communications, agriculture, artisanat, topographie, rivières, étangs, bois, flore, mégalithes, archéologie. (Inventaire : Anne Legrais, José Teffo, Didier Teffo, Gilbert Massard).

Population : 1886 : 1785, 1990 : 781
Topographie : Placé à la confluence de trois rivières, Pierric est dans le bassin de la Chère. Bourg (24 m), la Buffardais (70 m), dominant la confluence de la Chère et de la Vilaine.
Rivières, ruisseaux : La Chère délimite le nord de la commune sur 9 km et la Vilaine sur 1 km. La Chère a plusieurs affluents : Pas Guillaume, Renoulière et affluents (Ronçay, Grée Collin).
Etangs : étang de la Renoulière, de la Bodinais.
Bois : Ballac, Domaine de Laubinais
Manoirs, maisons de caractère : maison de carrier : Raumur, pièce unique éclairée par une porte et une fenêtre, avec cellier et écurie en annexe.
Ancienne école publique. Dans le cadre du vaste mouvement de généralisation de l’instruction publique de la Troisième République, ce bâtiment, fermé dans les années 1960, est construit avec de vastes fenêtres soulignées par un encadrement de briques, matériau généralisé grâce à l’ouverture des lignes de chemin de fer de la région à la fin du XIXe siècle.
Croix : Coisvaux déplacée après le remembrement (un graffiti, sans doute postérieur indique1812), calvaire de mission (1948)
Patrimoine de proximité : Fours à pain (Trémelon, Bertinerie). De nombreux éléments du patrimoine de pays ont été restaurés depuis plusieurs années par l’association des « Perrayeurs pierricais », en particulier le site du Pas des Saint qui a retrouvé depuis de nouveaux pèlerins.
Industrie, carrières : Les carrières de pierre (une quinzaine en 1845) ont été abandonnées au début du XXe siècle. La Bertinerie, Grée Gadessaud : exemples de carrières d’ardoise encore exploitées en 1895). Le ciseau de carrier (50 cm) était utilisé pour fendre et désépaissir les plaques d’ardoises.
Carrières d’ardoises
Les perrières de Pierric appartiennent à l’une des deux bandes orientées Est-Ouest d’affleurement du schiste d’Angers. La ligne méridionale de Candé à Pierric touche au moins sept communes de Loire-Atlantique ayant participé de façon significative à l’aventure ardoisière du XIXe.
15 ardoisières en activité sur ces 7 communes en 1845, 7 pour Pierric. Il y avait une longue tradition ardoisière à Pierric, avec des maîtres carriers du terroir connus et reconnus, quelques propriétaires qui se lançaient avec des contremaîtres dans l’exploitation du schiste, et des ouvriers compétents et durs à la tâche. En 1878 Pierric produisait 2, 5 millions d’ardoises sur les 11 millions produites en Loire-Inférieure (avec 64 ouvriers dont 28 au fond et 36 au jour : fendeurs notamment)
Moulins : Avant 1800, six moulins à eau : Cher (à foulon), la Mélinais, le Houlle, moulin à eau près de la Mégandais , moulin du bourg, à eau ou à vent, Renoulière. En 1895 deux moulins à eau sur la Chère, un autre à l’aval de l’étang de la Renoulière. En 1857, moulin de Renoulière et trois moulins à vent : Billiet, Gallard, Roussel.
Commémoratif : Durant la Seconde Guerre mondiale, la porte du mur nord de la chapelle de Ballac servait de signal aux Résistants, restant ouverte, ils pouvaient franchir sans risque la rivière.
Monument aux morts des guerres (cimetière : voir photo en haut de page)
Archéologie : Selon Pitre de Lisle du Dréneuc au lieu-dit l’abbaye : « Nombreux débris romains », monnaies, poteries et briques à rebords

2 Intérieur de la nef de l’église Saint-Guénolé avec son chemin de croix
3 4 Vitraux de Saint Nicolas et Sainte Anne 5 Grand vitraiL de Henrich Hély
Chapelle, édifices religieux : Ancienne « abbaye » de Ballac (fondée au XIIe s) : subsistent la chapelle, le logement des moines, la salorge, ainsi que des pierres de réemploi dans les maisons voisines. Tous ces bâtiments auraient été reconstruits à partir du XVIIe siècle.
Le portail ogivé du logement des moines est la réplique de celui de la chapelle. Le site se visite uniquement lors des journées européennes du Patrimoine.
Eglise paroissiale dédiée à Saint Guénolé (Vitraux : St Guénolé, Sainte Anne, Saint Nicolas). Plusieurs vitraux sont de Henrich Hély , maître verrier qui vers 1865, crée son propre atelier rue Saint Donatien à Nantes. Ses réalisations sont nombreuses et appréciées, jusqu’à New-York dans l’église Saint Patrick.

2 Une des grandes verrières d’Henrich Hély dans l’église Saint-Guénolé
Histoire : Les moines de l’abbaye St Sauveur de Redon, détenteurs des terres de Ballac et Brangouin, à Pierric, à la suite des dons, de 1127 à 1133, à l’abbaye de Redon, d’Olivier de Pontchâteau, fondent le prieuré de Ballac. Celui-ci reçoit en 1133 une terre de Guégon de Blain. Aujourd’hui ne restent de l’abbaye que la chapelle, le logement des moines, la salorge et quelques pierres réutilisées lors de la construction de bâtiments annexes.
Archéologie : Rennefort : structure en terre de forme ronde (diamètre 35 m) avec talus et fossés que Léon Maître s’est refusé de voir comme motte féodale. Il avance l’hypothèse d’une activité métallurgique en bordure de la Chère à proximité du passage de la voie romaine Blain-Rennes (La Chère).

2 3 4 Le site du Pas du Saint avec l’oratoire à la Vierge, la croix placée au XIXe siècle et l’empreinte du Pas du Saint dans le rocher
Commémoratif : Le rocher du Pas du saint est un lieu de pèlerinage du Xe siècle dont la légende veut que les moines de l’abbaye de Landévennec fuyant les Normands s’y arrêtent épuisés et assoiffés. Invoquant Saint Guénolé, le moine supérieur aurait vu son pied s’enfoncer dans le sol d’où jaillit une source. Le trou dans le rocher en forme de pied laisse apparaître l’eau depuis.
Saint Guénolé est l’un des fils de Fragan venu du Pays de Galles vers l’an 460 qui fonda Ploufragan. Moine célèbre pour avoir fondé le monastère de Landévennec où il mourut en 532.
Clervie, la jeune sœur de Guénolé, s’amusait quand une oie se jeta sur elle, lui arracha un oeil et l’avala. Au même moment un ange apparut à Guénolé lui ordonnant de se rendre dans sa famille, d’ouvrir le ventre de l’oie, d’en extraire l’oeil de Clervie et de le remettre à sa place. Le miracle eut lieu, même l’oie retrouva la vie. Depuis ce temps il est représenté en compagnie d’une oie.

Croix de la Bodinais 3 Christ entouré des fleurs rouges de la Passion
Fontaine d’Oder
Sur le trajet du sentier pédestre qui fait le tour du bourg de Pierric, on peut découvrir, outre le site du Pas du Saint, la fontaine d’Oder liée à une légende locale : « si l’on s’avise de retirer la dalle de fond (2 m +/-) l’eau montera jusqu’à inonder tout le bourg ». Une petite niche accueille une Vierge à l’intérieur de l’édicule.
Croix de la Bodinais
Le long du sentier , près des étangs de la Bodinais une croix a récemment été restaurée par l’association des Perrayeurs Pierricais. Une des étapes lors de la 3ème journée des Rogations autrefois, sa polychromie peut surprendre, elle permet de mieux discerner quelques détails : les fleurs rouges sont un rappel de la Passion, disposées en cercle autour de la tête du Christ, elles évoquent la couronne d’épines.

3 Remise en appareillage alterné de schiste et grès
4 Intérieur du four à pain de la Bodinais dans l’attente d’une restauration
Moulins de Pierric : Le moulin d’étang de la Renoulière est sur la carte de Cassini de 1756. En 1560, l’aveu rendu par Anne de Montmorency, connétable de France, pour sa baronnie de Derval mentionne sur la seigneurie d’Anguignac, l’étang et le moulin de la Renoulière.
Non loin se trouvait le moulin à vent de Gallart détruit à cette époque. Erispoë fait don, en 852, du randrémés d’Anguliac à l’abbaye de Saint-Sauveur de Redon. Vers 1600, la seigneurie d’Anguignac passe à la famille Guéhéneuc, détentrice de Juzet et de Pontveix, puis vers 1607 à la famille de Poulpiquet du Halgouët. Le moulin, vendu comme bien national, échoit à la famille Parthenay du Grand-Fougeray.
Il reste ensuite dans les mains de familles du Grand-Fougeray, les Courcoul, Bruneau et Blain. En 1870, une machine à vapeur horizontale à condensation fait tourner 4 paires de meules. Il est acheté en 1895 par Jean Marchand, avoué auprès du tribunal civil de Quimper. À l’abandon, il est acquis en 1983 par la famille Courcol originaire du Nord de la France. Restauré au début des années 2000, Il est alors transformé en maison d’habitation.
Sur les 5 moulins à eau et les 3 moulins à vent qu’a connu Pierric, seul le moulin de la Renoullière demeure, tous les autres ont disparu sans laisser de trace.

2 Berges de l’étang de la Bodinais
3 Les fendeurs de Pierric à l’abri de tue-vents
Exploitation de l’ardoise : Elle se faisait depuis longtemps, dans la région, par puits étroits à section elliptique et parois verticales, jusqu’à une profondeur atteignant 60 à 80 m, sans aucun soutènement.
À partir de 1864, on exploitait plutôt par gradins de 3 à 4 m de haut dirigés suivant la direction du banc ardoisier. De nombreux accidents témoignent de la dangerosité des carrières et des mesures sont prises tout au long du XIXe siècle pour sécuriser les abords.
Les carrières de la Grée Gadessaud, dont l’une était antérieure à 1845, ont été exploitées pratiquement sans interruption de 1879 à 1909, la plus récente de 1923 à 1925.
Des exemples de carrières sur Pierric : les Amourettes, le Clos Godard, la Claie, le Bézier, Bertinerie, le Roquet, Raumur.

1 Fonte La Grée de Bel-Air
2 Fonte Les Yaux D42
3 Fonte Bodinais
4 Ciment Bodinais croix de cimetière
5 Fonte La Porte
6 Brindebec
7 Schiste Coivaux Croix de Malte
8 Fonte La Noë
9 Le Vignau
10 Fonte Bourg rue des Pinsons
11 Bois Grée du Queux
12 D3 D48 Ouest du bourg
13 Fonte Grée Gadessaud
14 Fonte Le Queux
15 La Grée Midi
