Hugues François Aubert, Inventeur de brevets Producteur des Pierres de la Villatte Nozay 1880.

Hugues François Aubert, né en 1832, inventeur de brevets et innovateur, peut-être un peu trop audacieux, et dont l’entreprise aura duré 12 années seulement. Il travaillait peut-être en partenariat avec d’autres maîtres-carriers, comme les Bouvet, mais surtout était un concurrent redoutable.

1806 : Naissance d’Auguste (père) à Ancenis

1824 :   Les époux Claude vendent le moulin de la Villatte à Jean Jacques Aimé Foucault, filateur de coton

M. Foucault est filateur de coton et aménage le moulin en fonction de cette production. La filature décrite en 1840 n’a plus rien à voir avec l’ancien moulin qui n’est pas mentionné comme tel.

1829 : création, de la société en commandite : Filature de la Villatte. L’armateur nantais Haentjens en est actionnaire.

1838 : Vente de la filature aux frères Choimet (Nantais),

1840 : Faillite de l’entreprise rachetée par Auguste Aubert

1843 : Construction d’une forge et d’une habitation à La Villate,

1846 : (Recensement) : Auguste, déclaré filateur de profession, vit à La Villate avec sa mère, sa femme (Adèle Banchais née en 1908 à Nantes et décédée en 1872), son frère Adolphe (37 ans), filateur, un beau-frère Eugène Grenon (marié avec Eulalie Aubert), médecin, marchand d’alcool, et 2 domestiques, les enfants Emilie (1831) et François (1832) ne sont pas mentionnés.

1852 – 1855 : Auguste AUBERT est maire de Nozay par décret impérial.

1856 : Aubert Auguste, 50 ans est filateur, avec sa femme Banchais Adèle, Emilie 25 ans et François 22 ans, et leur domestique Françoise Leroux. Ils sont entourés de fileuse, filateur, journaliers et meunier.

1859 : le 2 Avril Auguste dépose un brevet d’invention (SGDG) pour le perfectionnement apporté aux ciseaux, sécateurs et cisailles

https://archives.inpi.fr/brevets?detail=497354

1861 :  Aubert Auguste, 55 ans, est Filateur, avec son épouse Adèle de 52 ans et leurs deux enfants de 30 et 25 ans. Ils sont entourés de ménages, d’ouvrier filateur, de journaliers, de meunier, de carrier.

1863 : Brevet d’invention pour une cisaille à métaux par Hugues François Aubert.

https://archives.inpi.fr/brevets?detail=520743

1866 : Auguste est déclaré fabricant d’outils agricoles (pour l’école Impériale d’Agriculture de Grandjouan (ouverte en 1847). Aubert Auguste, 60 ans, fabricant d’instrument agricoles et son épouse Adèle, 57 ans sont avec leur fille Emilie 35 ans, et leur fils François, 33 ans, et Françoise Leroux domestique, 30 ans. Ils sont entourés de foyers de journaliers, meunier, et Tourneur ajusteur.

1870 : son fils François (Hugues) décide d’exploiter les carrières de La Villate, il emploie d’anciens filateurs (dont François dit Firmin Lemasson (né en 1852)

1871 : François fournit de la pierre pour son oncle François Bougouïn (marié à Anne Banchais) pour un calvaire érigé à Toulienn (Le Pouliguen), négociant maritime nantais, en reconnaissance du retour de son fils aîné Alphonse de la guerre contre les Prussiens (taillé par un sculpteur nantais et béni le 1er octobre 1871)

-Mise en place dans le bourg de Treffieux d’une croix au socle atypique (en forme d’autel, pierres taillées dans le galbe), (6 exemplaires recensés) qui aurait pu être taillée dans son entreprise.

1872 :  François Aubert, 40 ans, mécanicien de profession est dans le foyer de Auguste Aubert, propriétaire, né à Ancenis, âgé de 66 ans, avec l’épouse Banchois Adèle, 63 ans née à Nantes et leur fille Emilie 41 ans, née à Ancenis.

1872 : Mise en place à Lusanger (Le Tertre Gicquel) d’une autre croix atypique (croisillon entouré d’un engrenage au fût fiché dans un socle octogonal (6 exemplaires recensés)

Décès d’Adèle l’épouse d’Auguste Aubert

1873 (4 août) : Émilie Foucault décède le 23 avril et Auguste son père le 4 août.

Hugues François Aubert hérite de la filature qui est remplacée par une fabrique de sécateurs et une scierie mécanique pour le bois et une installation pour le travail de la pierre. Cela avait peut-être été initié en 1866. Une locomobile est utilisée (mentionnée dans les ventes de 1883)

(En marge de la chronologie consacrée à François Aubert de la Villatte, Décès d’un autre François Aubert (de Courcerac) âgé de 14 ans (né en 1859) dit frappé mortellement par un accident de chasse à Bellevue (Nozay) et dit étudiant et résident à Saint-Avé (Morbihan) au château de Beauregard. ; Sur la croix (de pierre bleue) dans un champ, il est inscrit : A LA/MEMOIRE/DE/MON/FRERE/FRANçOIS AUBERT/8 8Bre 1873/DE PROFONDIS.

  • Né le 21 octobre 1859 (vendredi) – SAINT AVE chateau de Beauregard (Morbihan)
  • Baptisé le 23 octobre 1859 (dimanche) – = Déclaration à l’ état civil
  • Décédé – NOZAY Beaulieu (Loire Inférieure=Loire Atlantique), à l’âge de 14 ans
  • Inhumé le 15 décembre 1873 (lundi) – Transcription à SAINT AVE (Morbihan)
  • Etudiant en 1873 demeurant à SAINT AVE chateau de Beauregard (Morbihan)

Une croix a été érigé en souvenir de François Aubert de Courcerac, tué à cet endroit, par son frère (Louis?), lors d’ un accident de chasse , le 06 octobre 1873 à 11 h. François avait 14 ans lors de sa mort. La croix a été érigée par son frère, fratricide par accident. Marque de sa douleur, gravés dans la pierre, les mots « de profundis » font allusion à la prière des morts faite lors d’une sépulture. Ces mots marquent la séparation « Des profondeurs, je criai vers Toi, Seigneur »

François Aubert de Courcerac habitait le château de Beauregard sur la commune de Saint Avé dans le Morbihan, au domicile de sa mère : Octavie Corroyé, veuve , depuis 1871, de Charles Marie Aubert de Courcerac. Ce dernier était avocat et descendait d’une vieille famille aristocrate charentaise puis brestoise dont certains membres furent capitaines de vaisseaux du Roy.

Le grand-père maternel de François, Louis Corroyé, fut le directeur des mines et des fours à chaux de Mouzeil et fut maire de cette commune de 1832 à 1843.

Le lieu du drame eut lieu au sein du domaine de Beaulieu appartenant à la famille Aubert. Cette famille était présente à Nozay depuis le début du XIXe siècle et possédait à la Villatte une filature de coton)

1875 25 janvier : François dépose un brevet d’invention (SGDG) pour le perfectionnement apporté dans la construction des cartouches pour fusils Lefourcheux et autres armes de chasse et de guerre

https://archives.inpi.fr/brevets?detail=583941

– Mise en place dans le bourg de Jans d’un autre modèle de croix aussi atypique (croisillons avec d’énormes trefles) (5 exemplaires recensés) sur son socle inscription : Jubilé 1875

1877 : Modernisation de l’entreprise (François veut en faire une usine à tailler la « Pierre Bleue »

1878/1881 : Fournitures de pierres taillées pour le fronton du portail d’entrée de l’église Notre-Dame de Toutes-Aides à Nantes

1881.Dernier recensement de François : il vit seul à La Villate avec Françoise Leroux (48 ans) sa domestique

1882 : Triomphe à l’exposition industrielle de Nantes, pour la première fois le schiste nozéen est nommé publiquement « Pierre Bleue » Extension de sa gamme de produits (dont croix citées, rampes de portes, chapiteaux, trottoirs, urinoirs, le tout de pierre de première qualité)

Le Phare de la Loire, 27 mai 1882, p. 2, Le Phare de la Loire, 31 janv. 1883, p. 4

Le 28 octobre 1882, un incendie détruit la fabrique d’outils et la scierie. (Enquête 1883)

Eugène Simon Grenon, ancien marchand de liqueurs et tabacs à Paris, est déclaré en faillite en 1882 .Cette faillite est due en partie à une créance non remboursée d’un montant de 20 000 francs contractée par M. Auguste Aubert en 1843 et garantie sur l’ensemble de la filature et des terres. Les créanciers sont la sœur de M. Aubert, Eulalie Flavie Aubert et son mari Eugène Grenon, docteur. M. Eugène Grenon fils en a hérité et l’a revendue lors de sa faillite. La créance a circulé et ses derniers possesseurs en demandent le règlement à M. Aubert fils qui procède à une vente par adjudication volontaire le 27 juin.

1883, François vend ce qui est encore en bon état (ou encore neuf) par adjudication volontaire ainsi que les bâtiments (à Joseph Claude, qui possède déjà terrains et constructions alentour)

Joseph François Claude, meunier, remporte cette adjudication pour 27 100 francs. Il est le petit fils de René Claude et Marie Barbet. Le moulin redevient une minoterie. Un nouveau moulin à eau est déclaré en 1887.

Triste fin pour cet entrepreneur peut-être un peu trop audacieux, 12 années seulement.

Travaillait-il en partenariat avec d’autres maîtres-carriers, comme les Bouvet : Peut-être ! Deux de leurs croix pattées curvilignes (leurs marques de fabrique) sont fichées dans des socles-autels (Treffieux/Mairie, Bonnoeuvre/bourg), Ces derniers ont-ils récupéré toute la production en cours ? (Croix à engrenage de La Ginguenais à Treffieux (bénie le 21 mai 1884) Même défaut de gravure du chiffre 4 (à l’envers) que celle sur l’un de leurs fleurons (Saffré/Bout-de-Bois 1884).

Alors incendie accidentel ou criminel ? Une évidence apparaît : les deux autres maîtres-carriers en titre ont désormais le champ libre…

Sources : Un texte de José Teffo de mai 2026, d’après l’ouvrage collectif « La Pierre bleue au Pays de Châteaubriant » publié en 2024, les listes nominatives des recensements de le population en ligne aux archives départementales, le site généanet.org et des articles de l’ASPHAN :

https://www.asphan.fr/histoire/les-moulins-de-la-comcom/moulin-%C3%A7-eau-de-la-villatte

https://www.asphan.fr/autres-ressources/es-aubert

Voici un Texte sur les caractéristiques de la Pierre de la Villatte sur Nozay en 1880 grâce aux recherches d’Anne Legrais

TECHNOLOGIE DU BATIMENT ou ÉTUDE COMPLÈTE DES MATÉRIAUX DE TOUTE ESPÈCE EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS DEPUIS LEUR FONDATION JUSQUES ET Y COMPRIS LEUR DÉCORATION

DEUXIÈME ÉDITION PAR THÉODORE CHATEAU CHIMISTE INDUSTRIEL Volume premier 1880

LIBRAIRIE GENERALE DE L’ARCHITECTURE ET DES TRAVAUX PUBLICS DU CHER ET CIE. ÉDITEURS DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES              Paris

PIERRES A BATIR NATURELLES. Page 479

10. — LOIRE-INFÉRIEURE. — Pierres de la Villatte ; près Nozay, appelées aussi pierres de Nozay :

Ces pierres appartiennent aux roches schistoïdes du terrain de transition.

Elles jouissent depuis un temps immémorial d’une grande réputation dans le département et ceux voisins, pour la construction des monuments publics, des châteaux et des maisons particulières, où leur couleur, d’un bleu tendre, fait ressortir avec avantage la blancheur des autres matériaux.

On peut s’assurer, en examinant des constructions des XVe et XVIe siècles, que leur durée est presque inaltérable. Elles ne gèlent jamais, durcissent à l’air, sont imperméables- à l’eau.

Elles sont remarquables par leur grande longueur (4 à 5 mètres) et leur résistance considérable dans le sens longitudinal. Les densités de ces schistes déterminées par M. Albert Roussille, professeur de chimie et de géologie à l’École nationale d’Agriculture de Grand-Jouan, sont de 2,480 au minimum et 2,772 au maximum.

Ces pierres s’emploient pour pierres à laver, auges, gouttières, réservoirs de toute sorte, cheminées, tables, pierres tombales, croix, rampes de ponts et d’escaliers, colonnes, chapiteaux, balustrades,
dallage de serres, trottoirs, halles, caves, magasins, urinoirs, laiteries et pierres de taille.
Les vestibules de l’École de Grand-Jouan, l’escalier de la maison de ville de Nozay, la maison d’école des garçons de cette commune, l’église de Notre-Dame-de-toutes-Aides-ès-Nantes, etc., sont
en tout ou en partie en pierres bleues de la Villatte.

Voici, d’après la notice de M. H. F. Aubert, le principal exploitant des pierres de la Villatte, quelques indications de prix, poids et dimensions de cette pierre, qui peuvent être utiles à nos lecteurs :

DIMENSIONS, POIDS ET PRIX DES PIERRES DE LA VILLATE
Pour un chargement minimum de 5,000 kg. (Le mètre cube pèse 2,650 kilogrammes)
Rives et Parements bruts, le mètre cube :

A la Villate, En gare de Nantes ou de Châteaubriant, En gare de Paris
Choix 1, Choix 2, Choix 3
30 fr. – 20 fr. 10 fr.     50 fr. 40 fr. 30 fr.      100 fr. 90 fr. 80 fr.

Longueur de 1 à 5 mètres; largeur de 20 à 120 centimètres; épaisseur de 3 à 40 centimètres.

Aux prix ci-dessus qui représentent la valeur de la pierre extraite des carrières et le transport, il faut ajouter la façon à raison de :

5 Francs le mètre superficiel pour toutes les parties rabotées ou sciées.
10 Francs le mètre superficiel pour toutes les parties qui demandent un travail supplémentaire, tel que : polissage, recoupement, évidement, refouillement, creusage, trous, feuillures, rainures, moulures, baguettes, etc.
Les colonnes et balustrades se mesurent sur le carré circonscrit au plus grand diamètre.
La sculpture se fait à prix débattu.
Avec ces trois éléments de calcul, on peut se rendre compte de suite du prix de vente.

Exemple : DALLES SCIÉES SUR LES RIVES
Le mètre superficiel coûtera, en PIERRES DE PREMIER CHOIX, d’une largeur moyenne de 33 c.
PAREMENTS BRUTS. 1PAREMENT RABOTÉ. 2PAREMENTS RABOTÉS
1er chiffre : Villatte, 2e chiffre : Nantes, 3e chiffre : Paris

PAREMENTS BRUTS  1PAREMENT RABOTÉ   2 PAREMENTS RABOTÉS
3 c/m 80 kg     2f 10 2f70 4f20    7f i0 7f70 9 20     12flo 12f70 14f20
4 c/m 106 kg    2 80 3 60 5 60    7 80 8 60 10 60  12 80 13 60 15 60
5 c/m 134 kg    3 50 4 50 7 00    8 50 9 50 12 00   13 50 15 50 17 50
6 c/m 160 kg    4 20 5 40 8 40    9 20 10 40 13 40 14 20 17 40 19 20

La fente au ciseau ne permet de garantir qu’approximativement les épaisseurs des dalles et autres travaux de parements bruts. Sauf avis contraire, l’usine de M. Aubert ne travaille que les pierres de
premier choix.